C’est le retour avec un arrêt sur Bordeaux. (Quatrième ville du monde la plus « amicale » pour les déplacements à vélo).
De la gare ferroviaire, il suffit de rejoindre le vieux pont de pierre, de tourner deux fois à droite pour tomber sur la piste cyclable de l’entre deux mers.

Je remonte la rive droite de la Garonne. Cette première partie urbaine est vite avalée. Un peu plus loin, je réduis la vitesse pour apprécier la quiétude du lieu. Face à la Garonne et dans un cadre tapissé de verdure se succèdent de superbes demeures à demi-cachées derrière d’imposants portails en fer forgé. Quelques pontons pour la pêche au carrelet s’avancent sur l’estuaire.

Km 11, le fleuve est derrière moi, j’arrive à l’ancienne gare de Latresne, point de départ de la piste « Roger Lapébie », du nom du célèbre coureur cycliste girondin, vainqueur du Tour de France 1937. Là aussi cyclistes, rollers, piétons ont remplacé les trains. Cette ancienne ligne de chemin de fer aménagée va me mener loin de tous véhicules motorisés jusqu’à Sauveterre-de-Guyenne.
Le parcours serpente à travers bois et champs.
Vers l’horizon, un rideau de pluie se déplace sur les coteaux.
Je plante la tente sous la lune.
Dans le lointain. le chant d’une chouette trouble le silence nocturne.

La journée ne peut que bien commencer. Le réveil à l’aube naissant, avec le vent qui bruisse dans le feuillage est plus qu’agréable. Le bivouac est vite plié, pour rouler dans ces instants magiques. La terre transpire le parfum de l’herbe fraichement coupée, libère l’odeur des sous bois après l’orage. Un écureuil traverse devant moi en toute insouciance. Moins une que je lui laisse l’empreinte de ma roue sur sa queue.

Le parcours file au grès des anciennes haltes ferroviaires aménagées pour certaines en café-restaurant, point info, accueil vélo…Après le tunnel de La Sauve, je file à travers vignes, prés et bois, vers Frontenac puis Sauveterre-de-Guyenne pour gagner la place centrale bordée d’arcades, et jour de marché.

Je regagne le canal de la Garonne et la gare SNCF de La Réole par de petites routes très peu fréquentées. Le parcours beaucoup plus vallonné trace au milieu des vignes. Je roule au cœur des vignobles de l’Entre-Deux-Mers.